La liquidation judiciaire de Brandt a brutalement plongé des centaines de salariés dans l’incertitude. Pourtant, à Orléans, une fenêtre d’espoir s’ouvre.
Un projet industriel porté par un entrepreneur français pourrait préserver une partie significative des emplois et éviter la disparition totale d’un site historique de l’électroménager.
À retenir :
- Un projet de reprise pourrait maintenir 150 emplois dès le redémarrage
- Une montée en charge envisagée jusqu’à 250 postes sur cinq ans
- Une décision encore suspendue à l’arbitrage du tribunal
Un industriel français à l’initiative du projet de reprise
Le projet est porté par Stephan Français, dirigeant de Thomson Computing. Son ambition consiste à reprendre le site industriel de Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans, principal pôle industriel de Brandt avant la liquidation.
Selon les éléments présentés, l’idée n’est pas de rompre avec l’histoire du site mais de la prolonger. Une partie de la production de gros et petit électroménager serait maintenue, tout en y intégrant des activités nouvelles liées à l’électronique et à l’informatique, domaines déjà maîtrisés par Thomson Computing.
150 emplois visés, avec une montée progressive des effectifs
Dans sa version initiale, le plan prévoit le maintien d’environ 150 emplois dès la première phase de redémarrage. À moyen terme, si l’activité retrouve de la stabilité, l’effectif pourrait atteindre 250 salariés d’ici cinq ans.
Selon le maire d’Orléans, le projet apparaît sérieux et structuré, même s’il comporte une part de risque inhérente à tout redémarrage industriel. Les emplois concernés restent toutefois conditionnés à l’acceptation de l’offre par le tribunal, qui doit encore examiner l’ensemble des candidatures dans le cadre de l’appel d’offres.
Une liquidation judiciaire lourde de conséquences sociales
La décision est intervenue le 11 décembre 2025. Le Tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire de Brandt, mettant en péril près de 700 emplois en France, dont environ 350 dans l’agglomération orléanaise.
Un précédent projet de reprise sous forme de Scop, soutenu par une majorité de salariés et plusieurs partenaires industriels, n’a pas été retenu par la justice. Son rejet a renforcé le sentiment d’urgence autour de la sauvegarde du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Un montage financier encore en construction
Le budget global avancé par Stephan Français s’élève à 25 millions d’euros. Dans cette enveloppe, environ 9 millions d’euros pourraient provenir de soutiens publics, État et collectivités confondus. Le reste du financement reposerait sur un tour de table bancaire actuellement en discussion.
Les pouvoirs publics se montrent prudemment favorables. Ils rappellent toutefois la nécessité de ne pas se précipiter et d’évaluer l’ensemble des projets susceptibles d’assurer une activité durable sur le site.
Un enjeu industriel majeur pour le bassin orléanais
Au-delà des chiffres, l’enjeu est territorial. Laisser le site sans activité créerait une friche industrielle et ferait disparaître des compétences clés dans l’électroménager et l’électronique. Les élus locaux insistent sur la nécessité de préserver un socle industriel, quitte à accepter une diversification partielle des productions.
Le ministère de l’Industrie souligne d’ailleurs qu’un avenir industriel reste envisageable pour ce site, y compris au-delà du seul périmètre historique de Brandt, si le projet de reprise se concrétise.
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