Vergnet SA, acteur historique des énergies renouvelables installé à Ormes, près d’Orléans, traverse une nouvelle zone de turbulences. Le vendredi 23 janvier 2026, le tribunal de commerce d’Orléans a prononcé sa liquidation judiciaire, tout en autorisant une poursuite d’activité temporaire.
Une décision lourde de conséquences pour ce pionnier régional, mais qui laisse encore une fenêtre à un éventuel sauvetage industriel.
À retenir :
- Liquidation judiciaire avec poursuite d’activité jusqu’au 31 mars 2026
- Recherche active de repreneur, offres attendues avant le 20 février 2026
- Enjeu social et industriel majeur pour un acteur présent dans plus de 50 pays
Une décision judiciaire clé pour l’avenir de Vergnet
La juridiction orléanaise a choisi une voie intermédiaire. En actant la liquidation judiciaire tout en maintenant l’activité, le tribunal cherche à préserver la valeur industrielle de l’entreprise. Cette poursuite est autorisée jusqu’au 31 mars 2026, afin de laisser le temps aux candidats potentiels de formuler des offres de reprise.
Selon Boursorama, cette décision vise à éviter un arrêt brutal des opérations, tout en tenant compte d’une situation financière devenue intenable. La direction générale de Vergnet n’exclut pas, à ce stade, de faire appel de la décision, signe que toutes les options restent ouvertes.
Une course contre la montre pour trouver un repreneur
Le calendrier est désormais serré. Les offres de reprise devront être déposées avant le 20 février 2026. Passé ce délai, les chances de maintien d’une activité structurée pourraient s’amenuiser rapidement.
Selon Boursorama, la poursuite d’activité doit permettre de sécuriser les contrats en cours, de rassurer certains clients internationaux et de maintenir les compétences clés. Sur le terrain, cette période transitoire est vécue comme une attente fébrile par les équipes, conscientes que chaque semaine compte.
“La poursuite d’activité donne un peu d’oxygène, mais l’incertitude reste totale”, confie un salarié du site d’Ormes.
Des difficultés anciennes et structurelles
Cette liquidation ne tombe pas du ciel. Début janvier 2026, Vergnet était déjà décrite comme au bord du gouffre, plombée par de graves tensions de trésorerie et de multiples contentieux, notamment avec des partenaires et filiales dans le Pacifique, selon La Lettre Valloire.
L’entreprise n’en est pas à sa première alerte. En 2017, elle avait déjà connu un redressement judiciaire, suivi d’un plan de continuation sur dix ans après sa reprise par Arum International, devenu Well Energies. Selon Le Monde de l’Énergie, ce plan devait relancer durablement l’activité, mais les fragilités financières n’ont jamais totalement disparu.
Un savoir-faire reconnu dans l’éolien et l’hybridation
Malgré ses difficultés, Vergnet reste un acteur technologique reconnu. Le groupe conçoit et installe des solutions combinant éolien, solaire et systèmes hybrides, avec des innovations comme les éoliennes anticycloniques ou la plateforme de gestion énergétique Hybrid Wizard.
Selon Boursorama, l’entreprise revendique :
- près de 1 000 éoliennes installées
- 402 MW de capacité toutes énergies confondues
- une présence dans plus de 50 pays
- environ 200 collaborateurs répartis sur 11 implantations
Un patrimoine industriel qui pourrait séduire un repreneur, à condition de disposer de moyens financiers solides et d’une vision à long terme.
Un symbole fragilisé de la transition énergétique française
Au-delà du cas Vergnet, cette liquidation interroge. Elle illustre les difficultés persistantes de certaines PME industrielles françaises de la transition énergétique, confrontées à la concurrence internationale, à la volatilité des marchés et à des besoins d’investissement constants.
Pour le territoire orléanais, l’enjeu est aussi social. Derrière les chiffres, ce sont des emplois qualifiés et un savoir-faire local qui sont en suspens. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si Vergnet peut encore écrire un nouveau chapitre de son histoire.
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